L’affiche de cinéma a été pratiquement créée dès le début du cinéma, afin d’attirer l’œil du passant et l’inciter à entrer et voir la projection. Elles ont alors, subi de nombreuses influences et ont évolué avec les grands mouvements artistiques des décennies.

À partir des années 90, les campagnes d’affichage voient leur budget se multiplier par 10.  Les plus grands films, aux États-Unis comme en France, deviennent des produits marchands potentiellement dignes d’un Oscar ou d’un César. L’affiche commence donc a être conçue comme un argument publicitaire, plutôt qu’une œuvre d’art. Aujourd’hui, on assiste à une standardisation de l’affiche de cinéma (technique, composition, mise en avant des acteurs) au profit de moyens de communication plus dominants (radio, bande-annonce, internet) et produits dérivés qui doivent véhiculer, à foison, de multiples images du film.

Si l’histoire de l’affiche de cinéma vous intéresse, nous vous invitons à consulter ce blog intitulé Cinéma, l’affiche en plein cœur, relatant l’histoire de l’affiche de cinéma et son évolution.

Mais comment rendre à l’affiche cinématographique sa place en tant que médium artistique afin de redevenir un moyen de communication et de promotion important et différent ? En tant que créateur visuel, cette réflexion est au cœur de notre questionnement.

Tout comme de nombreux créateurs ayant repris certaines affiches de cinéma afin de recréer des visuels à leur image, nous avons décidé également de nous prêter au jeu !

Le cinéma étant une grande source d’inspiration, autant dans son message que dans ses moyens, voici quelques-unes de nos créations :

La ruée vers l’or, Charlie Chaplin – 1925

L’histoire, pleine de rebondissements, d’ouvriers américains partis chercher l’or et la fortune dans les montagnes du Canada.

Les temps modernes (Modern Times), Charlie Chaplin – 1936

Récit des ouvriers asservis par la machine industrielle américaine.
Critique de la politique et de la société américaines des années 30.

Aluminium gravé par processus d’eau forte (à l’aide d’un mordant acide) en vue d’une production industrielle de l’affiche.

Le Dictateur, Charlie Chaplin – 1939/1940

Histoire fictive d’un barbier juif et d’un dictateur aux destins liés. Satire du fascisme et de l’Allemagne nazie.

Avec ce film, Chaplin met fin au cinéma muet. Il prend la parole pour la première fois avec discours de paix saisissant en s’adressant directement au spectateur, dans un contexte de début de guerre.

Baraka, Ron Fricke – 1992 

Réalisé autour du monde pendant 14 mois avec un 70 mm, c’est une réflexion sur l’histoire du monde à partir du seul langage universel existant: l’image et la musique. La volonté était de montrer, avec la plus grande neutralité possible, tous les aspects de notre monde, des plus beaux aux plus pénibles.

L’affiche a été sérigraphiée en 3 couches : un dégradé de couleurs aléatoire (afin de représenter tout le panel de couleurs qu’est notre monde), un aplat noir (venant structurer et cadrer) et un vernis sélectif (pour venir écrire le texte et laisser le minimum d’empreinte).

Mon Oncle, Jacques Tati – 1958

Critique de la fracture sociale causée par la révolution industrielle en France, entre le milieu ouvrier et le patronat. On y voit, notamment, une mise en avant de l’objet et du bien matériel, symbole important de cette époque.

L’affiche, sérigraphiée en 2 couches sur papier Ingres, est réversible. Elle laisse libre interprétation aux spectateurs vis-à-vis des différentes formes et visages qui s’en dégagent.

Inglorious Bitches, Marc Dorcel – 2011

Pastiche pornographique du film de Quentin Tarantino, Inglorious Bastards.

Réalisé selon les codes du réalisateur.
(Et oui, il fallait bien essayer !)

SOURCES :

http://cine-l-affiche-en-plein-coeur.over-blog.fr/pages/Chapitre_6_ces_affiches_hors_du_commun_quelques_chocs_visuels_partie_2-418257.html

ICONOGRAPHIE :

Affiche du Film Metropolis – Boris Bilinski, 1927